La plupart des gens vous le diront, il n’est pas facile de se faire un nom. Or, lorsque c’est fait, il arrive que celui-ci soit bien difficile à porter. Il en va de même dans l’industrie des jeux vidéo. Bien que les nouveaux jeux doivent faire leur place et prouver leur valeur, les franchises établies doivent, quand à elle, survivre aux attentes élevées des joueurs qui leur vouent un véritable culte. Que le jeu porte l’étiquette Halo, Metal Gear, Final Fantasy ou Mario comporte certes de nombreux avantages mais également une lourde responsabilité. Il se doit d’être pratiquement parfait puisque des millions de joueurs l’attendent avec impatience.
C’est un peu ce qui arrive avec Wolfenstein. De nombreux joueurs ont succombé aux charmes de cette série mythique qui roule sa bosse depuis presque trente an. Ayant fait la pluie et le beau temps sur de nombreuses machines et étant considéré comme la précurseur des jeux de tir à la première personne, cette franchise arrive finalement sur les toutes dernières consoles. Le jeu pourra-t-il faire honneur à ses prédécesseurs ? Lisez la suite pour le savoir.
Dès la cinématique d’entrée, le ton est donné. Vous incarnez un espion qui se trouve sur un navire de guerre allemand sur le point de lâcher des missiles sur le territoire ennemi. Heureusement pour les alliés, vous avez sur vous un artéfact volé aux nazis qui vous confère des pouvoirs paranormaux. Grâce à celui-ci, vous réussissez à vous tirer d’affaire et à rendre l’objet à vos supérieurs qui vous demanderont alors d’aller enquêter dans un village qui intéresse un peu trop les sbires de M. Hitler. Des événements « étranges » semblent s’y dérouler et il est clair, suite à votre découverte initiale, que si les nazis réussissent à s’emparer d’objets mystiques et à contrôler la puissance du Soleil Noir, la guerre sera à sens unique et le monde ne pourra survivre aux assauts allemands.
Tout au long des différentes missions, vous aurez l’occasion de vous « amuser » avec différents pouvoirs paranormaux afin de vaincre vos ennemis, déjouer des pièges ou encore résoudre certaines situations problématiques. Cette possibilité de basculer entre deux situations de jeu (la normale et la paranormale) permet de varier l’expérience. Bien que complètement illogique, du point de vue historique, l’utilisation des pouvoirs apporte une plus grande variété dans la jouabilité, ce qui est intéressant dans un jeu de tir à la première personne. Si vous êtes du genre à apprécier les « shooter » fideles aux événements historiques, vous seriez mieux avec un Call of Duty mais, si vous êtes capable d’une certaine ouverture d’esprit, vous sourirez à de nombreuses occasions. Par exemple, dans les premières minutes de jeu, vous serez propulsés dans les airs tout en ayant l’opportunité de canarder des ennemis qui se trouvent, eux aussi, en état d’apesanteur. Distrayant.
JOUABILITÉ
Malgré la présence de ce que l’on pourrait appeler deux « catégories» de jeu, le titre s’en tire assez bien au niveau de la jouabilité. Les déplacements de notre héros sont généralement bien réglés et ce, autant à vitesse normale qu’en apesanteur ou en mode ralenti. Cependant, la précision des tirs est quelque peu inégale. Ainsi, il est assez facile de descendre un ennemi d’un seul coup avec un tir en pleine tête effectué d’une bonne distance mais, lorsque celui-ci se trouve à quelques pas de nous, il nous en faut parfois 2 ou 3! Peut-être est-ce pour nous obliger à utiliser des méthodes de corps à corps mais, pour être franc, c’est carrément illogique et frustrant. Malgré tout, nous avons bien aimé pouvoir faire des exécutions silencieuses en nous approchant furtivement des gardes trop occupés pour porter attention à notre présence discrète. La franchise est peut-être considérée comme une incontournable des jeux de tir à la première personne mais il faut avouer qu’elle ne nous oblige pas nécessairement à transformer nos ennemis en passoires. Vous comprendrez donc que la variété est de mise. Il en va de même avec notre arsenal. Tout au long des missions, vous engrangerez des devises qui serviront à acheter des améliorations sur le marché noir. Il vous sera alors possible de personnaliser vos armes et pouvoirs en fonction de votre style afin de vous transformer en véritable machine de guerre sur deux pattes.
Parmi les aspects négatifs, notons la mauvaise gestion de l’icône des grenades. En effet, celle-ci n’est pas assez précise et il est difficile de savoir si la bombe se trouve très près de nous ou à quelques pieds, ce qui occasionne parfois des situations pour le moins dangereuses. De plus, comme c’est la vogue dans beaucoup de titres actuellement, Wolfenstein nous propose de rechercher des documents ou objets secrets dans les différents niveaux que nous traversons. Malheureusement, il nous est arrivé, à plusieurs reprises, d’être dans l’impossibilité de les saisir et ce, même s’ils étaient à porté de main. C’est carrément frustrant puisqu’il faut alors recommencer le niveau au complet pour pouvoir mettre la main dessus. L’intelligence artificielle des ennemis est un peu limitée. Ils ne se placent pas sans cesse dans votre ligne de tir mais ils demeurent qu’ils ont des « routes » précises à suivre et qu’ils le feront si vous ne bouger pas trop. Par contre, ils sont dotés d’un sixième sens hors du commun. En effet, ils crieront « voici l’américain » avant même que vous ne tourniez le coin d’un mur en béton armé. Étrange… mais, dans ce village, bien des choses sont inexpliquées alors…
GRAPHISMES
C’est possiblement le point le plus faible du jeu. Wolfenstein ne tient pas très bien la route face aux jeux qui sortent présentement sur les consoles actuelles. Les textures manquent un peu de réalisme et de profondeur par moment et la palette de couleur est plutôt terne. Le titre offre plusieurs décors cependant (village, grottes, campagne, bases secrètes, …) et ceux-ci sont tout de même bien si l’on ne s’attarde pas trop aux textures. Les cinématiques sont également acceptables mais sans plus. Pour faire simple, disons que le premier Uncharted nous semblait graphiquement supérieur à Wolfenstein. Les soldats ennemis affichent trop peu de détails et les niveaux ne sont pas suffisamment destructibles à notre goût. Malgré tout, la « vision » utilisée lorsque nous utilisons un artéfact est intéressante et assez bien réussie, tout comme certains effets spéciaux. Le moteur est assez stable dans la campagne solo (mais déficient en multi, on y reviendra plus bas) mais il ne vous épatera pas non plus. Si Wolfenstein était sorti dans la première année d’existence des consoles actuelles, il aurait offert des graphismes tout à fait adéquats mais, aujourd’hui, il déçoit comparativement aux Call of Duty et Batman de ce monde. Bien entendu, cela ne change rien à l’expérience de jeu mais il demeure que l’on en aurait voulu plus pour notre argent.
SON
Ici, c’est un peu mieux. L’armement offre une assez bonne sonorité en fonction de la puissance de feu et les acteurs qui prêtent leur voix aux différents personnages sont professionnels. Malheureusement, certaines répliques reviennent beaucoup trop souvent lors des combats endiablés, ce qui rend les choses un peu moins intéressantes et crédibles. Les effets sonores lors des événements paranormaux favorisent l’immersion dans l’univers alternatif de Wolfenstein de belle manière. La musique est généralement de circonstance mais elle n’a pas la puissance évocatrice que l’on retrouve dans les Final Fantasy, God of War ou même SOCOM de ce monde.
DURÉE DE VIE
Il vous faudra un peu moins d’une dizaine d’heures pour aller jusqu’au bout et ce, si vous tentez de récupérer les documents secrets ou les sacs dissimulés. Naturellement, il est possible d’y retourner afin d’améliorer nos statistiques, de vivre la campagne dans un mode plus difficile ou encore de tenter d’obtenir tous les trophées.
Wolfenstein offre également du multijoueur (3 modes) mais, pour être tout à fait franc, l’expérience n’est pas des plus agréables. Malgré un système de classement et de progression qui font en sorte que les joueurs auraient le goût de s’y investir, divers problèmes viennent nous embêter (perte de connexion, latence, retour à la zone de départ sans raison, moteur qui semble hoqueter,…) et nous incitent à ne pas perdre notre temps avec cet aspect. Malheureusement, de nombreux trophées y sont associés et certains joueurs se sentiront floués par la piètre performance de ce mode en apparence si important pour les développeurs.
En conclusion, Wolfenstein est un jeu décent qui plaira sans doute aux nouveaux joueurs qui n’ont pas eu la chance de jouer aux titres précédents. Pour les vieux de la vieille, la magie n’opérera plus aussi bien qu’avant et un léger sentiment de « réchauffé » viendra s’immiscer dans notre esprit. Avec ses graphismes un peu datés, comparativement à ce qui se fait actuellement, le titre ne se démarquera probablement pas des autres « shooter » présents sur le marché. Si vous ajoutez à cela un multijoueur limité et problématique, vous comprendrez que Wolfenstein n’est pas sur la route pour une nomination de« Jeu de l’Année ». Malgré tout, la jouabilité est intéressante et variée, ce qui fait en sorte que l’on prend tout de même plaisir à y faire un premier passage. Par la suite, seuls les chasseurs de trophées et les joueurs voulant rentabiliser leur investissement y retourneront. Une location s’impose avant de procéder à un achat. Quant à la question initiale, disons que le jeu ne fera pas honneur à la franchise mais qu’il ne ternira pas celle-ci pour autant. Un jeu décent. Ni plus, ni moins.
Pour : -Environnements variés
-Amusant en mode solo
-Un jeu de tir qui ne nous demande pas de se casser la tête
-L’utilisation des pouvoirs paranormaux
-L’arsenal
-Le village qui nous sert de base
-Effets spéciaux
Contre : -Graphismes vieillots
-Multijoueur problématique
-Ennemis répétitifs et peu intelligents
-L’icône des grenades imprécis