07-02-2012, 11:38
Édition Mobile
Elder Scrolls IV: Oblivion
Dans le monde des jeux vidéo, il y a des titres qui sortent et passent dans l’oublie rapidement, d’autres vont marquer les joueurs pour un bon moment et, finalement, il y a ceux qui redéfinissent en quelque sorte l’histoire et la profondeur de l’industrie du gaming. Rares sont ces jeux, mais The Elder Scrolls IV : Oblivion était destiné à l’être dès son annonce, le 22 octobre 2004. Depuis la sortie du troisième titre de la série, Morrowind, sur Xbox et PC en 2002, les fans de la série n’en pouvaient plus d’attendre pour une suite. Contrairement à plusieurs titres du lancement de la première console de Microsoft, Morrowind se vend encore très bien à ce jour. Après avoir attristé les joueurs en annonçant que le jeu ne serait pas prêt au lancement de la Xbox 360 le 22 novembre, le jeu est maintenant entre nos mains pour que l’on puisse encore une fois s’amuser à voler les gens, tuer des Daedra ou encore galoper sur notre cheval à travers les plaines interminables. Pour un jeu hautement médiatisé, les gens de Bethesda ont su répondre aux attentes très hautes des fans autant qu’aux nouveaux joueurs ou amateurs de jeux de rôle.
 
En début de partie, vous incarnez un prisonnier tout prêt de retrouver sa liberté grâce à l’Empereur, qui traverse votre cellule en tentant d’échapper à des assassins. À travers ses songes et l’alignement des étoiles, il voit en votre destinée, la représentation du futur de sa nation : le sort du royaume de Tamriel est entre vos mains. Comme ses prédécesseurs, l’histoire vous transporte dans le royaume de Tamriel et plus précisément dans la province impériale aussi connue sous le nom de Cyrodiil. Après avoir créé votre personnage, vous aurez la chance d’assister en direct à l’assassinat de l’Empereur. Les conséquences de ce drame sont très lourdes pour l’ensemble du royaume. En effet, cette instabilité diminue les barrières naturelles entre Tamriel et le territoire des Daedra, un monde parallèle et très hostile, connu sous le nom d’Oblivion (pensez à l’enfer, mais avec encore plus de feu!). Ainsi, les armées de Mehron Dagon, le leader des Daedra, embarquent dans une guerre afin de conquérir Tamriel. C’est pourquoi, vous allez retrouver plusieurs portails à travers Cyrodiil qui mènent à Oblivion. La quête principale nous lance sur les traces de l’héritier du trône afin de rétablir la tranquillité dans la région.
 
Comme moi, vous n’aurez sans doute pas le goût de commencer la quête principale tout de suite. En fait, vous passerez probablement votre temps à faire des quêtes secondaires et vous aventurez à travers les immenses terrains qui déferlent devant vos yeux sur votre cheval. Comme ses prédécesseurs, le quatrième titre de la série vous propose une foule de quêtes secondaires à accomplir. Et vous pouvez en faire tant que vous voulez, que ce soit avant pendant ou après la quête principale. Donc, c’est vous qui déterminez à quel rythme se déroule l’histoire et c’est bien mieux de cette façon, puisqu’on se sent bien plus libre de faire ce que l’on désire. En parlant aux différents PNJ (personnages non jouables), vous aurez la chance d’accomplir différentes missions, comme aider une vieille dame à se débarrasser de lions cachés dans son sous-sol, ou encore tuer des fantômes dans une maison hantée. Heureusement, l’interface des quêtes est très agréable dans Oblivion, corrigeant ainsi le plus gros défaut de Morrowind. En effet, chaque fois que vous trouvez une nouvelle mission à réaliser, celle-ci s’ajoutera dans votre journal. Si vous décidez vous en charger sur-le-champ, vous n’avez qu’à la sélectionner et elle deviendra automatiquement votre quête active. Fini les heures à chercher l’endroit où vous dirigez puisqu’une boussole (placé en bas de l’écran) vous indique la position exacte où vous diriger grâce à une icône. Il y a environ une cinquantaine de quêtes plus différentes les une que les autres que vous retrouverez en explorant Cyrodiil et en bavardant avec les gens qui l’habite. Mais, bien sûr, je ne compte pas les multitudes de donjons à explorer bien évidemment.
 
 
Comme si ce n’était pas suffisant, vous avez la possibilité de vous joindre à une ou plusieurs guildes selon vos intérêts. Chacune d’entre elles offrent des récompenses et des services intéressants à es membres. Vous retrouverez les quatre mêmes clans que dans Morrowind : les guerriers, les mages, les voleurs et les assassins (le Dark Brotherhood). L’ensemble des quêtes proposées par les guildes forme généralement une grande histoire, et les tâches à accomplir sont plus complexes que ce à quoi la série nous a habitué. Ainsi, on nous demandera parfois d’empoisonner ou de simuler un accident, plutôt que de simplement abattre nos victimes.
 
De plus, si vous avez l’envie de jouer au gladiateur, l’arène vous permettra de satisfaire vos désirs. Située dans la ville impériale, l’arène vous permet de montrer vos talents de combattant ou encore de parier sur les combattants pour gagner de l’argent. Évidemment, c’est bien plus satisfaisant de prendre part au combat que de faire des paris ennuyeux. À mesure que vous gagnerez des combats, la difficulté augmentera, mais les récompenses deviendront aussi plus intéressantes.
 
Bien que la quête principale ne dure qu’une quinzaine d’heures, toutes les possibilités qu’offre Oblivion lui procure une durée de vie que j’estime, de mon humble avis, à plus de 90 heures de jeu. Malheureusement, il y a présentement quelques bugs dans le jeu : des personnages qui nous donnent rendez-vous et ne reviennent jamais, par exemple. Il m’est même arrivé de me faire réprimander par la guilde des voleurs, qui refusent que l’on commette un homicide lors d’un vol, alors que je venais de commettre un meurtre pour le compte du Dark Brotherhood… à des kilomètres de l’objet à voler.
 
 
Malgré tous les mérites attribués à The Elder Scrolls IV : Oblivion, l’un des aspects les mieux réussis est sans doute tout le côté interactif du jeu. Le nouveau système d’intelligence artificielle, le Radian AI, est vraiment très extraordinaire et surprenant. Au lieu de compliquer la vie des programmeurs et de scripter toutes les actions de chaque NPC du monde (et il sont plus de 1000 partout à travers Cyrodiil), l’IA génère une liste de buts précis à accomplir pour chacun de ces NPCs. C’est ensuite la tâche de chacun d’entre eux de déterminer comment combler ces besoins. Si le jeu leur demande d’aller manger car il est midi par exemple, les personnages feront le nécessaire pour  subvenir à cet objectif. Ils iront à la taverne, s’achèteront du pain, iront à la chasse ou voleront même de la nourriture. Les NPCs ont tous leur horaires particuliers : ils se lèvent, vont travailler, dînent, vont se promener, conversent entre eux et ferment la boutique à la nuit tombée. Deux personnages qui se rencontrent peuvent entretenir une conversation dynamique qui dure une dizaine de répliques. C’est ainsi une façon très naturelle d’obtenir une quête ou d’en savoir plus sur les actualités de Cyrodiil. Il est cependant très facile de constater les limites de l’intelligence artificielle : les personnages ne peuvent pas sauter, il leur arrive de se perdre à cheval lors de quêtes où il faut escorter quelqu’un et certains d’entre eux entrent en collision avec les murs de façon très peu naturelle. Il est même déjà arriver à mon cheval de littéralement fusionner avec un pilier près d’un fort abandonné. N’empêche que ce nouveau système donne une vitalité encore jamais exploitée dans un RPG d’une telle envergure et que même s’il comporte ses petits défauts, il est tout de même révolutionnaire. C’est très impressionnant et surprenant de voir un barbare se pencher sur un cadavre pour le dépouiller de ses possessions, ou encore de voir un NPC passer en mode « discret » pour tenter de voler une pomme dans une taverne.
 
 
Afin d’éliminer les interminables trajets à pieds, l’équipe de Bethesda a cru bon ajouter un système de voyage instantané. Pour profiter de celui-ci, il faut préalablement avoir visiter notre destination à pied, et se trouver loin d’ennemis. À chaque fois qu’un donjon, un village ou tout autre place d’intérêt est découvert, un icône est donc ajouté à notre carte afin de pouvoir y revenir rapidement. Le système fonctionne très bien, même si la longueur des chargements (qui reste raisonnable pour un jeu d’une telle envergure) peut parfois devenir lassant si on utilise le voyage rapide plusieurs fois de suite.
 
Les combats dans Oblivion ressemble en tout point à ce que Morrowind proposait. Vous pouvez choisir entre la vue à la première et la troisième personne, mais cette dernière est tellement laide que vous l’ignorerez probablement. Afin de nous faciliter la vie, un très agréable système de raccourcis a été ajouté. Celui-ci nous permet d’associer armes, sorts ou parchemins à chacune des huit directions du D-pad, ce qui nous permet de passer rapidement de la hache à l’arc, ou encore de la boule de feu au sort de soin.
 
Quant au développement du personnage, il fonctionne exactement comme dans The Elder Scrolls III. Il faut d’abord sélectionner la race de notre personnage, ce qui aura une incidence sur ses habiletés de départ, en plus de le doter de caractéristiques uniques. Par exemple, un Orc sera à l’aise avec des armures lourdes et pourra utiliser le sort Berserk, tandis qu’un Dark Elf aura de la facilité à manier l’arc et sera résistant au feu. Il faut ensuite sélectionner un signe de naissance, qui offrira un bonus significatif, telle la possibilité de se rendre invisible une fois par jour, ou bien 50% plus de magicka. Finalement, il faut décider de la classe du personnage. Vingt et une sont déjà préparées pour vous, mais vous pouvez aussi en créer une nouvelle. La classe détermine quels sont les principaux talents de votre personnage (arcs, épées, vitesse, capacité de débarrer des portes, de faire des potions, de lancer telle sorte de sort, etc.). Cela peut sembler compliquer en théorie, mais en pratique, tout se fait de façon naturelle. Pour sauter plus haut, il suffit de sauter régulièrement, pour bloquer plus adéquatement, on nous demande de parer un certain nombre de coups, et ainsi de suite. Le système est un peu unique, mais fort logique. Un personnage qui ne se bat jamais à mains nues restera éternellement faible dans ce domaine, tandis que les compétences qu’il utilise s’amélioreront.
 
Graphiquement parlant, le jeu est tout simplement magnifique.  Les paysages féeriques sont enivrants et la vue majestueuse du haut des montagnes de Cyrodiil est à couper le souffle. Le système de météo est crédible et ajoute une touche de réalisme à l’aventure. Un élément qui m’a frappé dès les premières heures de jeu est le contraste des environnements. Le jeu combine parfaitement les donjons mal éclairés où des créatures rôdent en quête de nouvelles proies ainsi que les vastes prairies luxuriantes où il fait bon gambader sur le dos d’un cheval. Les jeux d’ombres et de lumières sont réalistes, les feuilles d’arbre se balancent selon la cadence du vent et les reflets sur les armes métalliques s’accordent à merveille avec les différentes sources lumineuses. Le jeu fait apparaître les éléments de la nature comme les herbes et les fleurs au fur et à mesure que l’on avance, ce qui permet de conserver un taux d’images par secondes relativement décent. Évidemment, on est confronté à des petits sauts d’images acceptables, mais qui selon moi ne devraient même pas avoir lieu vu la puissance de la Xbox 360. Ces « lags » sont particulièrement plus fréquents lors de ballades à cheval et peuvent devenir agaçants à la longue.
 
De  son côté, le système de lois physiques est aussi une source inépuisable de plaisir et de moments cocasses. Près de 9000 objets peuvent être déplacés comme bon vous semblera. Un pétale de fleur flotte, alors qu’une cuirasse d’argent coule à pic. Les flèches plantent ou ricochent de façon réaliste dépendamment de la surface avec laquelle elles entrent en contact. La possibilité de déplacer les cadavres de ses victimes offre aussi plusieurs opportunités. Si vous aviez prévu suivre la quête principale avec grand sérieux, changez de plan tout de suite. Le lancé de gobelins du haut des falaises est une activité beaucoup trop hilarante pour s’en passer. Cependant, si comme dans Morrowind vous voulez aménager votre demeure en y affichant tous vos plus grands trésors dans un ordre implacable, renoncez-y tout de suite. J’ai passé près de cinq minutes à essayer de faire tenir une balance sur son pied sur un bureau, sans succès.
 
 
            Un autre côté très bien réussi d’Oblivion est la trame sonore. La musique s’accorde bien aux différentes situations, passant d’une symphonie légère qui évoque le réveil d’un village à des pièces plus rythmées lors de combats contre des ogres. Sans être trop répétitive, la musique d’ambiance est comparable à celle de Morrowind, quoique améliorée et retravaillée. Soyez cependant prévenus : après quelques heures de jeu, vous aurez toutes ces mélodies ancrées dans votre esprit pour de longues journées! Les effets sonores, de leur côté, sont réalistes : les épées à deux mains fendent l’air en produisant un son étouffé, les flèches percent la chair avec un bruit de déchirement, les boucliers absorbent les coups accompagnés d’un bruit de bois qui craque sous la force des coups. On voit bien qu’on a minutieusement travaillé sur les dialogues puisque toutes les voix sont accompagnées de voix synchronisées avec les lèvres de personnages. Oui oui : l’ère de la lecture des dialogues de Morrowind est révolue! Ainsi, le jeu comprend plus de cinquante heures de paroles enregistrées. On a donc droit à des voix caverneuses pour les fantômes, des tons héroïques de la part des rois et des paroles rauques et profonde dites par les assassins. Le tout étant accompagné d’expressions faciales réalistes. Il y a seulement un aspect moins réussi : les cris lancés par les créatures pendant les combats, particulièrement ceux des gobelins. Leurs voix stridentes et les petits cris qu’ils émettent au moins dix fois par bataille sont autant de bonnes raisons de les assassiner!
 
 
En résumé, The Elder Scrolls IV Oblivion est un chef-d’œuvre sur tous les aspects. Sa durée de vie est excellente et le monde dans lequel on plonge le joueur est fabuleusement réalisé. Grâce au voyage rapide, au journal de quêtes amélioré, à la boussole et aux raccourcis, les plus gros défauts de Morrowind ont été réglés. Le jeu est visuellement fort impressionnant, tout en gardant des temps de téléchargements fort raisonnables. La bande sonore, quant à elle, est sublime et assez bien diversifiée. On aurait aimé une quête principale plus longue et, bien sûr, moins de petits pépins techniques, mais ses petits détails ne viennent pas vraiment gâcher le plaisir. Oblivion est un titre à se procurer absolument pour tous les détenteurs de Xbox 360. Et ceux qui ne possèdent pas cette console devrait fortement en considérer l’achat maintenant!
Pour : -Grande durée de vie -Présentation visuelle et sonore superbe -Temps de chargement correct -Monde interactif et immersif -Interface grandement améliorée

Contre : -Quelques bugs au niveau des quêtes -Intelligence artificielle parfois déficiente


Présentation : 9.0
Graphique : 9.5
Son : 9.5
Jouabilité : 9.2
Valeur : 9.8
Pelletire
Maxime Pelletier

10 avril 2006 à 23:12
Note
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